actualités26.03.2025
Le gouvernement lucernois renonce aux prérogatives pontificales
Un postulat demande que le canton de Lucerne renonce au droit de pouvoir occuper certains postes au sein de l'Eglise catholique. Le Conseil d'Etat refuse d'y renoncer complètement, mais est prêt à céder certains droits d'élection.
En vertu de ce que l'on appelle les « prérogatives pontificales », le Conseil d'Etat lucernois a la compétence de pouvoir occuper certains postes au sein de l'Eglise catholique de Lucerne. Ces droits remontent à un accord entre le canton et le Saint-Siège datant de 1926.
En 2023 déjà, le canton avait réduit les droits d'élection à quatre. Il s'agissait des droits d'élection concernant les collégiales Saint-Michel à Beromünster, Saint-Léodegar à Lucerne, l'église jésuite de Lucerne et le monastère Saint-Urbain. La raison du maintien de ces droits d'élection était la grande importance culturelle et historique de ces institutions pour le canton.
Le postulat de la députée cantonale Rahel Estermann des Verts lucernois a ensuite exigé en 2024 l'abandon total des prérogatives pontificales. Il n'est plus d'actualité que le canton s'immisce autant dans les affaires de l'Eglise. En outre, il n'est pas clair pourquoi le canton conserve quatre droits électoraux alors qu'il a renoncé aux autres. Enfin, l'élection n'est plus qu'un acte administratif, car dans les faits, le Grand Conseil accepte simplement la personne proposée par l'évêché de Bâle.
Le Conseil d'Etat reste d'avis que le canton a intérêt à pouvoir occuper certains postes au sein de l'Eglise - cela permettrait notamment d'éviter des « vocations critiques ». Cela est particulièrement important pour les postes financés par le canton ou ceux qui attirent l'attention du public. C'est pourquoi le canton veut conserver les droits d'élection pour la nomination des directeurs des collèges et des préfets de l'Eglise des Jésuites.
A l'exception de ces deux droits d'élection, le Conseil d'Etat lucernois renonce donc désormais à ses prérogatives pontificales.